Il y a des parcours qui ne suivent pas une ligne droite. Ils avancent par expériences, par prises de conscience et parfois par ruptures. Celui d’Elodie Kellner, présidente de VITAL ASSIST, en fait partie.
Aujourd’hui assistante administrative et télésecrétaire médicale, elle accompagne principalement des professionnels de santé dans la gestion de leurs appels, de leurs agendas et de leur organisation quotidienne. Une activité née d’un besoin très concret du terrain : des médecins débordés, des secrétaires saturées, des cabinets qui manquent de relais fiables pour absorber le flux grandissant des demandes.
“Je me suis rendu compte que j’avais énormément de demandes en télésécrétariat pour aider les professionnels de santé et paramédicaux”, explique-t-elle à Médéric JAMIN pour ONI Media.
Un parcours construit sur l’expérience terrain
Avant de créer VITAL ASSIST, Elodie Kellner a exploré plusieurs univers professionnels. Après un CAP vente et une première année en bac professionnel services, elle entre rapidement dans la vie active. Vente, boulangerie, accueil, service après-vente, gestion des retours clients, préparation de commandes, logistique agroalimentaire, puis logistique transport : elle enchaîne les postes, apprend vite, s’adapte et observe.
Mais derrière cette capacité à évoluer dans des environnements très différents, une question revient depuis longtemps : comment trouver sa propre voie ?
“À partir de mes 22 ou 23 ans, j’ai commencé à me demander ce que je voulais réellement faire. Je voulais me mettre à mon compte, mais je ne savais pas quoi faire.”
Cette envie d’indépendance, longtemps présente en arrière-plan, devient une nécessité après deux burn-out. Le second, vécu dans un contexte professionnel difficile, agit comme un déclic. Elodie comprend alors qu’elle ne veut plus se sentir interchangeable, ni évoluer dans un système où l’humain passe après l’organisation.
Elle cherche, teste, se forme. Marketing digital, secrétariat juridique, autres pistes entrepreneuriales : rien ne résonne vraiment. Jusqu’à sa rencontre avec l’École des Indépendants, fondée par Léa Martin.
L’École des Indépendants, un cadre pour se recentrer
Ce qui marque Elodie dans l’accompagnement de l’École des Indépendants, ce n’est pas seulement la technique. C’est l’approche humaine, centrée sur la personne, son histoire, ses forces, son rythme et son positionnement.
Elle arrive avec des questions simples, mais profondes : est-ce qu’elle va y arriver ? Est-ce qu’elle va aimer ce qu’elle fait ? Est-ce qu’elle saura trouver des clients ? Est-ce qu’elle saura prospecter ?
“Quand j’ai eu Léa Martin au téléphone et qu’elle m’a expliqué le fonctionnement de l’école, j’ai senti quelque chose de très humain. Ce n’est pas une école comme les autres. C’est une école centrée sur soi.”
Au fil des ateliers, des rendez-vous individuels et du travail avec l’équipe d’intervenants, Elodie affine son projet. Au départ, elle imagine proposer de l’assistance administrative de façon large, à plusieurs types de clients. Puis elle comprend qu’un positionnement trop général risque de la disperser.
Le tournant vient lorsqu’elle accepte de se spécialiser.
“Dès le moment où on a plusieurs cibles, on se perd. On peut aussi perdre nos potentiels clients. Il faut se centrer sur soi, sur ce qui nous correspond vraiment.”
Son vécu personnel et professionnel la ramène naturellement vers le secteur médical. Elle connaît les besoins des cabinets, la pression des appels, les agendas remplis, les secrétaires qui jonglent entre l’accueil, l’urgence, les patients et les praticiens. VITAL ASSIST prend alors une direction claire : soulager les professionnels de santé grâce à une assistance administrative et un télésécrétariat médical efficace, humain et fiable.
La prospection, de la peur au plaisir
Comme beaucoup d’indépendants au lancement, Elodie redoute la prospection. Elle sait travailler, elle sait se présenter comme salariée, mais vendre ses propres services est une autre histoire.
“Le plus dur, c’était la prospection. Je me disais : maintenant tu es patron, il faut trouver des clients. Je n’avais jamais fait ça.”
Elle teste, recommence, prépare des scripts, crée des flyers, cherche des annonces, contacte des entreprises sur LinkedIn, Indeed, France Travail, HelloWork et les réseaux sociaux. Son premier vrai contrat arrive après une annonce pour une mutuelle animale cherchant une assistante administrative. Un premier échange par mail, puis un appel, puis un second rendez-vous : le contrat se met en place naturellement.
Cette première réussite change son regard.
Elle comprend qu’une prospection efficace n’est pas forcément une récitation commerciale. Lorsqu’on sait ce que l’on propose, à qui on s’adresse et pourquoi on le fait, l’échange devient plus fluide.
“Quand on sait ce qu’on veut présenter et ce qu’on vaut, ça va tout seul.”
Aujourd’hui, la prospection n’est plus une peur. Elle est même devenue un terrain de jeu.
“Maintenant, je m’amuse.”
VITAL ASSIST : efficacité, discrétion et énergie
L’activité d’Elodie s’adresse aujourd’hui principalement aux médecins, cabinets médicaux, ostéopathes, kinésithérapeutes et professionnels de santé qui ont besoin d’un relais pour gérer les appels et les agendas.
Sa valeur ajoutée se voit dans les détails très concrets du quotidien. Dans un cabinet où le médecin recevait plus de 400 appels par jour et terminait parfois à 20h ou 20h30, Elodie intervient en soutien de la secrétaire. Elle réorganise l’agenda, distingue les appels classiques des urgences, fluidifie la gestion et permet au praticien de finir à 18h.
Résultat : un gain de 2h30 par jour.
Un autre cabinet lui donne un surnom qui résume bien son efficacité : “Speedy Gonzalez”. Les appels sonnent à peine qu’elle les prend déjà en charge. Mais derrière la rapidité, il y a surtout une manière de travailler : être présente, organisée, souriante, professionnelle, sans rigidité excessive.
Elodie tient à rester elle-même dans son activité. Elle ne veut pas construire une entreprise froide, impersonnelle ou uniquement procédurale. VITAL ASSIST lui ressemble : directe, énergique, sérieuse, mais jamais déshumanisée.
“Je ne veux pas me stresser. Si je stresse, je vais stresser mon client. Ce n’est pas ce que je veux.”
Ses valeurs sont claires : discrétion, efficacité, professionnalisme, fiabilité. Des qualités indispensables dans le secteur médical, où la relation avec les patients demande autant de rigueur que de tact.
Apprendre à faire confiance, mais pas aveuglément
L’entrepreneuriat a aussi confronté Elodie à ses premières erreurs. Elle raconte notamment une expérience avec un faux client, dont l’offre semblait sérieuse au départ. Très vite, des demandes inhabituelles apparaissent : ouvrir des comptes, réaliser des démarches qui ne figuraient pas dans le contrat, accepter une pression liée au paiement.
Elle comprend alors qu’elle fait face à une tentative d’arnaque.
Cette expérience la rend plus vigilante. Elle pose davantage de questions, vérifie les informations et ose être plus ferme. Ce qui aurait pu la fragiliser devient finalement une leçon structurante.
L’entrepreneuriat lui a appris à affirmer son caractère de dirigeante.
“Je savais que j’avais un caractère bien trempé. Mais là, il s’est encore plus affirmé. On connaît son caractère personnel, mais pas forcément son caractère de chef d’entreprise.”
Dépasser le regard des autres
L’un des plus grands changements d’Elodie concerne son rapport au jugement extérieur. Pendant longtemps, elle accorde de l’importance à ce que les autres pensent : l’indépendance est-elle un “vrai métier” ? Peut-on vraiment travailler de chez soi ? Est-ce que cela peut fonctionner ?
Aujourd’hui, elle avance avec une vision plus solide.
Elle sait que son activité fonctionne. Elle sait qu’elle a des clients. Elle sait qu’elle construit son chemin.
“Le regard des autres ne t’apporte rien. Maintenant, c’est moi et ma vision.”
Cette évolution résume une grande partie de son parcours : passer d’une envie floue d’indépendance à une posture assumée de cheffe d’entreprise.
Une activité qui se consolide
Après une première année d’apprentissage, de tests et d’ajustements, Elodie estime avoir trouvé son positionnement. Elle sait aujourd’hui quels clients elle veut accompagner, comment présenter son offre et dans quelle direction elle souhaite faire grandir VITAL ASSIST.
Elle travaille actuellement avec un client sur un contrat long, d’une durée minimale d’un an, tout en restant ouverte à de nouvelles collaborations.
Mais l’entrepreneuriat ouvre aussi d’autres portes. Elodie réfléchit déjà à un second projet, dans un univers différent : une plateforme ou un site autour de la seconde main en grandes tailles, notamment XL et XXL, un besoin qu’elle a identifié grâce à son expérience de vente sur Vinted.
Pour autant, VITAL ASSIST reste son activité principale, “son bébé”, comme elle le dit.
Son conseil à ceux qui hésitent encore
À celles et ceux qui veulent se lancer, Elodie donne un conseil simple : commencer par le “pourquoi”.
Pourquoi devenir indépendant ? Pourquoi maintenant ? Pour quelle vie ? Pour quel objectif ?
Pour elle, l’indépendance n’est pas seulement une question de statut. C’est une décision de vie. Dans son cas, son moteur est clair : sa fille, sa vie de famille, son besoin de ne plus revivre les blessures du salariat et son envie de construire quelque chose à son image.
“Si tu n’as pas la réponse à ton pourquoi, ne te lance pas. Si ton pourquoi est motivant, alors lance-toi. Le reste se travaille.”
Et si elle pouvait parler à l’Elodie d’avant, celle qui hésitait encore, elle lui dirait simplement :
“Arrête de te poser des questions. Arrête de regarder le regard des autres. Lance-toi.”
Où retrouver Elodie Kellner ?
Elodie Kellner est présidente de VITAL ASSIST, une activité d’assistance administrative et de télésécrétariat médical dédiée aux professionnels de santé.
Elle est principalement joignable sur LinkedIn et prévoit également la création d’une page de contact dédiée pour présenter ses services, ses coordonnées et ses projets à venir.




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